J’avais 28 ans et je vivais depuis 10 ans à Paris quand mon frère aîné m’a posé la question suivante :

  • Et tu mets des préservatifs avec toutes les filles que tu ramènes à la maison?

Je n’ai même pas répondu. Il a dû croire que non alors que je n’avais jamais pris de risque. C’était dans les années 90 et tout le monde savait que Freddy Mercury était mort de cette saloperie. On savait aussi que la moitié du Marais avait été dissous (Ne connaissant pas les chiffres, je ne veux pas dire les 3/4). Une bande potes gay qui croquait la vie à pleine à dent, arrachant avec celles-ci des slip en cuir avant de prendre l’arme du crime, chargée de balles réelles, en bouche. Une roulette Russe qui ne m’a jamais excitée. Je me souviens aussi la publicité Benetton où l’on voyait un jeune homme à l’état de cadavre sur un lit, sa famille pleurant à ses côtés. Elle vous a dérangée? Moi, elle m’a certainement sauvée la vie. J’étais trop jeune pour philosopher sur le fait qu’il faille ou non laisser ces affiches partout en France, mais mon inconscient me disait qu’il fallait que je me protège pour ne pas finir comme cela. On a attendu 30 ans pour faire la même chose avec les accidentés de la route. A quand une photo d’une personne en sang dans une voiture avec un téléphone portable à la main.

Je n’ai pas les chiffres des victimes du sida en 2018 et j’avoue que, comme la plupart d’entre-nous, je n’ai pas vraiment envie de savoir. Ce dont je me doute, c’est que quand on est malade du sida, on a une palanqué de médicaments à prendre tous les jours. Certes, grâce à la science, le nombre de morts à dû chuter d’où une moindre médiatisation de la maladie. Cependant, quand on a est jeune, est-ce que prendre 20 cachetons par jour avec toutes les contraintes que cela implique n’est-il pas déjà le début de la fin?

Protégez-vous!

Conseil : Sans hésitation, quoi qu’l arrive, mettre un préservatif… ou se le faire mettre!